vendredi 11 mai 2012

Tunisair prête à négocier avec la CGTT

Les syndicats de base de Tunisair et le syndicat des pilotes de Tunisair Express, relevant de la Fédération générale du travail de la CGTT ont lancé, le 7 mai 2012, un préavis de grève pour les 22 et 23 mai courant. 
Ils sont mécontents de la position du ministère des Affaires sociales et celle de la direction générale «qui ont fait fi de la liberté syndicale malgré les multiples correspondances en ce sens réclamant l’application du droit syndical tel que garanti par les conventions internationales signées par le gouvernement tunisien ».

En première réponse à ce communiqué, Tunisair a indiqué que «ce mouvement, s’il a lieu, n’aura pas d’incidence directe sur l’activité de la compagnie». Moins de 500 personnes sont en effet adhérentes à la CGTT, d’où la certitude de la compagnie aérienne quant au bon déroulement de son activité les 22 et 23 mai.

Malgré cela, Tunisair a publié vendredi 11 mai 2012 un deuxième communiqué dans lequel elle annonce que des négociations se tiendront avec les syndicats CGTT afin d’apaiser et préserver le climat social de la compagnie. 
Tunisair rappelle, dans la foulée, que sa situation générale ne permet pas ce genre de mouvement dans un moment aussi critique.
Elle précise qu’elle est soucieuse de sa qualité de service et de la ponctualité de ses vols qui auront lieu, rappelle-t-elle, comme prévu.

Tunisie – L’union des syndicats des forces de sûreté appelle à manifester le 13 mai

Imed Belhaj Khelifa, porte-parole de l'Union des syndicats des forces de sûreté, a appelé ce jeudi 10 mai tous les citoyens libres et les militants des droits de l'Homme, à se joindre aux agents qui manifesteront le dimanche 13 mai à la place des Droits de l'Homme, avenue Mohamed V (Tunis) de 10h30 à 11h30.

« Ce mouvement de protestation a pour but de condamner les agressions violentes subies par les agents des forces de sûreté », souligne le porte-parole de l'Union des syndicats des forces de sûreté.

« La dernière agression étant celle qui a coûté la vie à un agent à Sidi Amor Bouhajla (gouvernorat de Kairouan) », ajoute-t-il.

Tunisie - Sihem Badi tranche sur la question vestimentaire des éducateurs

Dans un communiqué daté du 11 mai 2012, le ministre des Affaires de la Femme et de la famille, Sihem Badi a mis les points sur les «i» en matière des choix vestimentaires des éducateurs et de toutes les personnes chargées de la prise en charge pédagogique ou de l’encadrement des enfants.

Il est stipulé dans ce communiqué que compte tenu de la spécificité de la relation qui lie l’enfant à son éducateur et qui implique un contact direct entre eux, certains phénomènes ont fait leur apparition dans plusieurs institutions. 
Ces phénomènes sont considérés contraires à la cohabitation et la coexistence, s’agissant notamment du port d’habits non conformes à nos traditions, coutumes et valeurs en cachant pour certains le visage ou en s’exhibant, en portant des piercings ou optant pour certaines coiffures ou en utilisant une certaine terminologie visant à bannir des activités éducatives telles que la danse, le chant, le théâtre, ou le cinéma, sous prétexte qu’elles soient «Haram».

Le ministère, estimant que ces phénomènes sont troublants pour l’enfant et sont de nature à l’éloigner des activités éducatives et à créer des discriminations et des divisions, appelle les éducateurs à les éviter. En cas de persistance, le ministère menace les employés qui ne respectent pas cette mesure de les priver de leurs rôles d’encadrement des enfants et de les transférer aux travaux administratifs. 
Le communiqué conclut par rappeler que le ministère respecte la liberté du choix de la tenue vestimentaire, qui reste une liberté personnelle, mais interdit toute apparence ou comportement contraires à nos valeurs nationales à l’intérieur des établissements scolaires.

Tunisie – Démission de Amor N’saïri, chef de cabinet de Hamadi Jebali

Le directeur de cabinet du chef du gouvernement Amor N’saïri a présenté sa démission pour raisons personnelles, a annoncé, vendredi 11 mais 2012, un communiqué de la présidence du gouvernement.
La démission a été acceptée par le chef du gouvernement, ajoute le communiqué.

Ali Laârayedh: «Le discours haineux de Adnene Hajji n’a pas été dénoncé comme il devrait l’être»

Adnene Hajji, syndicaliste responsable au bassin minier de Redayef, a donné, en date du 8 mai 2012, une allocution explosive aux habitants de la région et notamment la main d’œuvre du bassin ainsi que les chômeurs.
M. Hajji n’a pas mâché ses mots en traitant le gouvernement et ses membres de traitres, menteurs, et inhumains. Il s’est expliqué en affirmant que le gouvernement fait la sourde oreille aux revendications populaires de la région, n’a accompli aucun pas positif et se moque éperdument du peuple et de sa misère. Il en est même arrivé à dire que «les nouveaux dictateurs barbus méritent d’être tués».

Un appel à la violence et même au meurtre, qui n’a pas laissé insensible le gouvernement. En effet, le ministre de l’Intérieur Ali Laârayedh a condamné vivement ce discours, sur le plateau de la deuxième chaîne nationale, dans la soirée du 10 mai 2012, ajoutant ne pas être étonné de tels propos venant de cette personne, mais plutôt être étonné du manque de réactions. Il a expliqué que si ce discours haineux émanait d’un nahdhaoui, tout le monde aurait violemment réagi, partis politiques, société civile, Ligue des droits de l’Homme, etc. Sauf que l’on constate que dans ce cas, très peu de réactions ont été observées contre cet appel à la haine et au meurtre, pointant ainsi du doigt les partis de l’opposition et la société civile, pour leur indifférence et partialité.
Il a affirmé par ailleurs que la justice se chargera de l’affaire, cherchant ainsi ne pas trop s’attarder sur la question.

Tunisie - Le rendement de Moncef Marzouki est faible, selon Abderraouf Ayadi

Le rendement du président de la République, Moncef Marzouki, est « faible » particulièrement, en matière de diplomatie, selon Abderraouf Ayadi, ex-secrétaire général du Congrès pour la république (CPR) et initiateur d’un nouveau parti.

S’exprimant vendredi 11 mai 2012 sur les ondes de la radio Express Fm, M. Ayadi a évoqué les tractations lors de la constitution du gouvernement Jebali relevant qu’Ennahdha avait refusé sa nomination au poste de ministre de la justice et que l’équipe du CPR chargée de négocier ce dossier de répartition des portefeuilles avec ce parti n’était pas à la hauteur des espoirs du CPR.
«Le CPR ambitionnait de disposer d’au moins deux ministères de souveraineté», précise-t-il.
Par rapport à la nomination d’Abdelwahab Maâter au poste de ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Abderraouf Ayadi souligne avoir émis des réserves et ce pour l’implication confirmée par la justice de M. Maâter dans une affaire d’usure flagrante.

Concernant le nouveau parti qu’il compte créer, M. Ayadi a indiqué que cette initiative vient consacrer la rupture avec le CPR pour moult raisons dont le clientélisme, le népotisme, le non respect des règles démocratiques qui prévalaient au sein de son ancien parti, outre son alignement aveugle sur les positions du parti Ennahdha.
La dénomination de ce nouveau parti n’a pas encore été fixée. En effet, M. Ayadi a proposé l’appellation «Congrès du peuple». D’autres membres ont suggéré l’appellation de «Congrès démocratique». L’appellation définitive sera, par ailleurs, décidée par la base.
Concernant la taille de cette base, M. Ayadi a déclaré que «sur les 24 sections que compte le CPR dans le pays, une vingtaine ont rejoint le nouveau parti. Seules les sections de Tataouine, Médenine, Nabeul et Bizerte sont restées fidèles au CPR».

Tunisie - Ben Jaâfar: La Constitution sera prête avant le 23 octobre 2012

« La nouvelle Constitution sera fin prête au plus tard le 23 octobre 2012 », a annoncé, jeudi, le président de l'Assemblée Nationale Constituante Mustapha Ben Jaâfar.

A l'occasion de l'adoption de la Loi de finances au titre de l'année 2012, M. Ben Jaâfar a indiqué qu' « il y a plusieurs questions qui ne tolèrent aucun retard ».
Il s'agit, a-t-il dit, de la création d'une instance provisoire de la magistrature, d'une instance supérieure pour les élections et d'une haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (HAICA).
Il est, également, question, a-t-il ajouté, de réaliser la justice transitionnelle, d'élaborer une nouvelle loi des partis et de mettre en place un collectif judiciaire chargé de l'examen des affaires de corruption.
Les projets de loi organisant ces instances, a-t-il indiqué, seront soumis à l'Assemblée Nationale Constituante d'ici la fin du mois de juin.
Par ailleurs, M. Ben Jaâfar a précisé que « le code électoral ne peut être examiné qu'après l'adoption de la nouvelle Constitution »

Le deal avec les hommes d’affaires: payer 3 millions de dinars et on passe l’éponge?

Néjib Hnane, président de la commission de confiscation, a déclaré au journal électronique tunisien African Manager qu’il espère tirer, au moins, trois millions de dinars de chaque homme d’affaires dont le nom figure parmi les interdits de voyage. 
Cela pourrait rapporter quelque 1,5 milliard de dinars à la trésorerie tunisienne et résoudre tous les problèmes urgents de la Tunisie. 

En contrepartie, l’une des deux autorités (exécutive ou législative) arrête les poursuites et les enquêtes contre ces personnes. 
On notera que c’est la première fois qu’un haut responsable donne une pareille déclaration. Information qui n’est toutefois pas confirmée par le gouvernement et qui, si elle se confirme, doit passer par un processus législatif puisqu’elle doit s’ingérer dans des dossiers entre les mains de la justice en théorie. 

Il y a quelques jours, la commission de confiscation a publié un communiqué dans lequel elle invite toutes les personnes ayant bénéficié du système de corruption à déclarer sur l'honneur les biens mal-acquis dans un délai ne dépassant pas 30 jours à compter de samedi 5 mai 2012. 
La commission s'engage à garantir la confidentialité des informations et à ne confisquer que les biens mal-acquis, après vérification de l’inventaire présenté.

Tunisie - Les investissements déclarés dans l'industrie dans le vert pour les 4 premier mois 2012

L’Agence de promotion de l'industrie et de l'innovation (APII) vient de publier les données relatives au mois d’avril 2012 en comparaison avec celles de la même période un an auparavant.
Les autorités ont enregistré un envol de 8,3% de l'investissement déclaré dans l'industrie. En effet, le total des investissements est passé de 1.136,5 à 1.231,2 millions de dinars (MD).

On note surtout l’envol des investissements dans le secteur des industries de cuir et chaussures (+442,3%), suivi de celui des industries du textile et habillement (+51,3%)et celui des industries chimiques (+26,3%).Les autres secteurs sont, quant à eux dans le rouge : -29% pour celui des industries mécaniques et métallurgiques, -16,9% pour celui des industries des matériaux de construction, céramique et verre et -5,6% pour celui des industries agro-alimentaires.
Les investissements à parts étrangères (mixtes ou à 100% étrangers) ont augmenté de 5,8%, passant de 422,7 à 447,1 MD. Les investissements mixtes sont passés de 285,5 à 113,2 MD, soit une baisse de -60,4%. Les investissements 100% étrangers ont évolué de 137,2 à 333,9 MD, soit une progression de 143,4%.
Les investissements déclarés dans les régions de l’Est ont augmenté de 25,2% passant de 768,3 à 961,7 MD. Ceux dans les régions de l’Ouest ont enregistré une baisse de 26,8%, passant de 368,2 à 269,5 MD. Pour les zones de développement régional, l’investissement a diminué de 18,2%, évoluant de 653,2 à 534,5 MD.

Les investissements déclarés dans le secteur des services ont enregistré une baisse de 2,1%, passant de 372,1 MD en avril 2011 à 364,1 MD en avril 2012. Les investissements à parts étrangères ont augmenté dans ce secteur de 35,3%.
Les investissements dans les régions de l’Est ont diminué de 4,6% passant de 332,4 à 317,1 MD. Ceux dans les régions de l’Ouest ont progressé de 18,4%, passant de 39,7 à 47 MD.

jeudi 10 mai 2012

La Loi de finances complémentaire adoptée par l’Assemblée constituante

Après plusieurs jours de polémiques, de clashs et de débats, la Loi de finances complémentaires, prévue initialement pour la fin du premier trimestre 2012, a été votée ce 10 mai 2012 au soir, par l’Assemblée constituante. Sur un total de de 158 présents (comptés en raison des défaillances due au vote électronique), 103 ont voté pour, 33 se sont abstenus, et 22 élus se sont déclarés contre. 
La non-traçabilité des voix ne permet pas de connaitre le choix de chacun des élus.

Rappelons que les propositions des élus de l’opposition n’ont généralement pas été prises en compte au moment des votes, malgré des débats houleux, y compris au sein du groupe parlementaire d’Ennahdha, avec une intervention remarquée de Souad Abderrahim. Cette dernière s’était en effet indignée contre ce qu’elle appelle un vote « automatique » et partisan, demandant à ses collègues de réfléchir avant de voter. Une critique contre son propre clan qui fera sourire le 2ème vice-président de la Constituante, M. Larbi Abid, qui présidait alors la séance. "Elle est belle la démocratie!", lancera-t-il. 

Mustapha Kamel Nabli aux investisseurs américains : «now or never!»

Ouvrant les travaux de la conférence annuelle de la TACC (Tunisian American Chamber of Commerce), M. Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a, de prime-a-bord, exhorté les Américains à investir en Tunisie. «La Tunisie entame sa deuxième phase de transition et a besoin d’investissements pour consolider le processus démocratique», a-t-il souligné en substance.

Ces investissements contribueront, notamment, à relever trois défis essentiels, à savoir l’emploi, la croissance et la stabilité. 
Elles renferment de lourds défis, mais englobent aussi «un espoir» de lendemains meilleurs, «de vastes opportunités» et de «réelles possibilités d’affaires». Et pour saisir ces opportunités, «il suffit de savoir s’adapter», ajoute-t-il.
S’adapter, c’est «repenser une nouvelle approche de coopération et de partenariat entre la région Mena et les Etats-Unis». C’est aussi «ramener les entreprises américaines à travailler et à investir» et ce tout en aidant les entreprises de la région à accéder aux marché américain. 

Il s’agit, également, de créer des emplois. Mais pas n’importe lesquels : «nos jeunes diplômés ont besoin de travail qui répond à leur attentes, qui préserve leur dignité» et qui permet un transfert de know-how.
Les changements survenus dans la région Mena en général et en Tunisie particulièrement «ne doivent pas nous faire peur», souligne M. Nabli. 
Certes, la transition a créé des incertitudes et un manque de visibilité «mais c’est là où réside le vrai challenge. Investir, c’est le message que vous pouvez adresser aux peuples de la région Mena». 

Un message de réalisme (business oblige) mais empreint d’espoir : «vous devez être des acteurs actifs et non pas attendre que ça se calme. Les obstacles et les entraves ont sensiblement diminué dans nos pays, il faut en-profiter ». Comprendre qu’investir en Tunisie post-révolution, c’est du « now or never ! »

Tunisie – Pas de contamination nucléaire à Gabès, selon les résultats préliminaires

Une équipe de 10 experts s’est rendue, mercredi 9 mai 2012, à Ben Ghilouf dans la délégation d’El Hamma (gouvernorat de Gabès) pour effectuer des prélèvements afin de vérifier la véracité des rumeurs qui circulent concernant la contamination de cette zone par des déchets nucléaires.

Ainsi, les membres de l’équipe ont prélevé des échantillons d’eau, de terre et de plantes des bassins de refroidissement d’eau se trouvant dans la région ainsi que de l’oasis de Kalib Eddokhane et la région militaire de Rméya, pour qu’ils soient analysés ultérieurement.
En outre et grâce à un laboratoire mobile permettant de mesurer le niveau de radiation, ils ont pu faire des examens préliminaires qui ne révèlent pas la présence de radiation. Des études approfondies seront réalisées dont les résultats finaux seront publiés dans les prochains jours.

Notons que vu la gravité des informations circulant sur l’existence de déchets nucléaires, le ministère de l’Environnement, en coordination avec le Centre national des sciences et technologies nucléaires de Sidi Thabet et le Centre national de radioprotection, a dépêché une équipe commune d’experts à Ben Ghilouf.

Tunisie – Liberté d’expression: RSF s’inquiète de l’existence d’une justice à deux vitesses

Dans un communiqué de presse daté du 10 mai 2012, Reporters Sans Frontières a vivement dénoncé l’application de « lois à la carte », dans les domaines de la liberté de la presse et la liberté d’expression en général. 
RSF déclare ainsi regretter que le décret-loi relatif au nouveau code de la presse, officiellement en vigueur depuis les 2 novembres 2011, ne soit pas appliqué et que les lois liberticides, rendues caduques par ce même décret, soient préférées à ces nouvelles dispositions. 

RSF condamne ainsi l’application de l’article 121 paragraphe 3 du Code pénal, pour des affaires concernant les médias. «Le recours automatique aux lois répressives héritées du régime de Ben Ali met en péril l’esprit de la révolution. Certains articles du code pénal sont aujourd’hui utilisés de façon illégitime pour condamner des journalistes et des blogueurs», avait alerté l’organisation. 

RSF s’appuie, dans sa condamnation, sur les trois affaires qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires et pour lesquelles un jugement a été rendu. Le directeur de la chaîne de télévision Nessma TV, le responsable du visionnage, ainsi que le propriétaire de l’association chargée de traduire le film Persépolis ont ainsi été condamnés à des amendes, de même que Nasreddine Ben Saida, directeur du journal Ettounissia, en application du même article du code pénal faisant état de «trouble à l’ordre public et atteinte aux bonnes mœurs». 
L’organisation met en parallèle ces condamnations avec celles des salafistes coupables d’avoir attaqué les locaux de la chaîne et le domicile de Nabil Karoui, qui ont été condamnés à une amende de 9,6 dinars, alors que le nouveau code de la presse prévoit également des sanctions pénales pour les agressions contre les journalistes. « Ces condamnations posent aujourd’hui la question de l’existence d’une justice à deux vitesses et d’une situation d’insécurité juridique dangereuse », s’inquiète Reporters sans frontières, dans ce même communiqué. 

RSF revient également sur l’affaire dite des « athées de Mahdia », condamnés, en vertu du même article 121, à sept ans et demi de prison et 1200 dinars d’amende, pour avoir publié des caricatures du Prophète sur Internet. L’un des deux, rappelle l’organisation, a été condamné par contumace, car il a fui la Tunisie et a demandé un statut de réfugié politique, en Europe. Pour le deuxième, incarcéré depuis le 28 mars dernier, l’appel du jugement sera examiné le 14 mai 2012. 

Reporters sans frontières appelle le gouvernement actuel à prendre les dispositions nécessaires pour mettre un terme à ce flou juridique, créé par la non-application des décrets-lois officiellement entrés en vigueur et de faire en sorte que l’amendement de ce décret, voulu par ce même gouvernement, ne retarde pas la mise en place d’une législation plus respectueuse que celle appliquée sous la dictature. « Il n’est pas normal que les magistrats aient la possibilité d’appliquer les lois « à la carte » », conclut RSF dans son communiqué.

La CGTT dénonce une campagne de dénigrement menée par le ministre des Affaires sociales

La Confédération Générale Tunisienne du Travail condamne ce qu’elle estime être une campagne de dénigrement orchestrée par le ministre des Affaires sociales. Dans un communiqué daté du 9 mai 2012, signé Habib Guiza secrétaire général de la CGTT, le syndicat s’étonne des déclarations livrées aux médias par le ministre. Des déclarations qui mettraient en doute la légitimité de la CGTT et dévalueraient le nombre de ses adhérents.

Cette manœuvre vise à écarter la CGTT des prochaines discussions sur le projet du pacte social et des prochains dialogues sociaux, toujours selon le communiqué. Le syndicat rappelle qu’il a présenté des documents légaux en bonne et due forme, concernant son congrès tenu à Nabeul les 3 et 4 septembre 2011, à tous les ministères, notamment, celui des Affaires sociales. Des séances de travail ont même réuni les syndicalistes et le ministre sur les questions syndicales et sociales, précise encore le communiqué.

La CGTT considère ces attaques visant la « décrédibilisation» de ses cadres et de sa base comme une « tentative désespérée » de la faire taire. Une tentative contre laquelle le syndicat « s’opposera avec tous les moyens légitimes de militantisme », rappelant que ses leaders ont subi l’exclusion du temps de l’ancien régime et qu’ils s’y opposeront à nouveau « après que la Révolution de la dignité et de la liberté » ait libéré les énergies des jeunes militants du syndicat ».

Accusé de profanation du drapeau, Yassine Bdiri écope de six mois de prison avec sursis

Yassine Bdiri, le jeune accusé d’avoir profané le drapeau tunisien à l’université de la Manouba, a écopé de six mois de prison avec sursis. Il devrait donc rentrer dans les prochaines heures chez lui. 
L’article 129 du Code pénal tunisien prévoit un an d’emprisonnement pour quiconque, par paroles, écrits, gestes, ou tout autre moyen, porte atteinte publiquement, au drapeau tunisien ou à un drapeau étranger. 

Le Tribunal a cependant été sensible aux plaidoiries de ses avocats, parmi lesquels la célèbre néo-islamiste Raja Haj Mansour, qui ont souligné le caractère non prémédité de l’acte de leur client et son absence de volonté de profaner le drapeau tunisien. Il a juste voulu mettre côte à côte le drapeau islamique, unificateur à ses dires, et le drapeau tunisien. 
Le fait que l’accusé se soit livré de son propre chef à la justice et qu’il n’ait pas d’antécédents judiciaires a également joué en sa faveur.

Bourse de Tunis - Suspension de la cotation d’Electrostar

A la demande du CMF, la cotation du titre ELECTROSTAR est suspendue à partir du jeudi 10 mai 2012.
Aucune explication n’a été donnée par le gendarme de la bourse pour justifier cette suspension. 

Contacté par Business News, un intermédiaire tunisien en bourse donne sa propre explication, à savoir la hausse inexpliquée depuis des semaines du titre d’Electrostar, alors que les états financiers de l’entreprise ne justifient guère une telle appréciation. 
« Il se pourrait que le CMF ait lancé sa propre enquête et a suspendu la cotation le temps de savoir ce qui justifie la cotation en hausse incessante du titre ». 

Alors que le titre était coté à 3,700 dinars le 12 mars, il était échangé hier, mercredi 9 mai, à 16,260 dinars. Une appréciation qui fait rêver tout boursicoteur…

Tunisie - Deux nouveaux journaux de propagande



Deux partis viennent de lancer, jeudi 10 mai 2012, le premier numéro de leurs journaux, à savoir l’UPL de Slim Riahi et El Amen de Lazhar Bali. 
Pour l’UPL, il s’agit d’un hebdomadaire en langue arabe de 32 pages (en plus d’un supplément culturel de 16 pages) de format tabloïd. 
Il porte le titre de « Tounès El Horra » (Tunisie libre), le même que celui du journal de Zine El Abidine Snoussi, dans les années 30 à qui le journal rend hommage. 
Slim Riahi préside le Conseil d’administration de l’hebdomadaire, Khaled Chouket est nommé directeur responsable et rédacteur en chef et Lotfi Najar, directeur de la rédaction. 
Le journal défend, bien entendu, les valeurs du parti qui ont tendance à changer, selon les observateurs, au fil du temps. Pour ce premier numéro, on peut ainsi voir ce titre à la une d’une interview de Noureddine Khadmi, ministre des Affaires religieuses, où il est dit que les Salafistes ont répondu à l’appel de la révolution. 
Dans les pages sportives, on trouvera un autre titre où il est écrit que le Club Africain est devant une occasion historique avec une photo, en dessous, de Slim Riahi. L’article mentionne que le président de l’UPL, « féru » du Club Africain, est prêt à présider l’équipe rouge et blanc et relever tous les défis.
Pour le deuxième journal, il a opté pour le même titre que son parti, El Amen tout en ajoutant, en caractères plus petits, Sawt El Karama (voix de la dignité). C’est un bi-mensuel en langue arabe de 16 pages de format tabloïd. 
Le directeur responsable est Lazhar Bali, président du parti dont la photo parait (à deux reprises) à la une du journal et à la page 4 à l’occasion d’une interview d’une page et demie, qu’il donne à un de ses journalistes, mais en portant, cette fois, la casquette de président de parti. 
Le rédacteur en chef de « El Amen Sawt el Karama » est Rachid Gannouni et la direction de la rédaction a été attribuée à Dhafer Bettibi. 
On signalera, pour ce premier numéro, deux articles de Skander Rekik, un des fondateurs du parti, et un article de Taoufik Ben Hamadi, membre du comité national d’El Amen, dans lequel il critique l’indépendance totale de la Banque centrale de Tunisie qui, selon lui, ne sert pas le pays.

Un élu à l’ANC filmé en train de tricher dans les votes (vidéo)

La vidéo ci-dessous, montre l’ancien président du groupe parlementaire d'Al Aridha Al Chaabia, et présidant actuellement le groupe «Liberté et démocratie» Abdelmonaem Krir, en train de voter pour lui-même et pour son voisin absent, en utilisant les deux compteurs de votes. 

Si Abdelmonaem Krir explique cet acte par la présence de sa collègue dans l’hémicycle, qui s’était, alors, absentée quelques instants de son siège, celui-ci survient après les dénonciations de plusieurs élus, dont Azed Badi et Sahbi Atig, notamment, concernant ce dysfonctionnement et la possibilité pour les élus de voter plusieurs fois, à tel point que, pour certains votes, le nombre de votants dépassait de plusieurs dizaines, le nombre effectif de présents.

Tunisie - Ministère de l’Intérieur : L’incident des salafistes survenu au Kef n’implique pas de touristes

Le ministère de l'Intérieur a indiqué, mercredi 9 mai 2012, que l'incident survenu, mardi, dans la ville du Kef «est un accrochage» entre un citoyen nommé Ahmed Hammami et un groupe de jeunes salafistes et qu'il s'agit «d'un règlement de comptes personnel».

Des sources dans la région du Kef avaient rapporté qu'un guide touristique et deux touristes français ont été agressés, mardi soir dans la ville. 
«Cet incident n'a aucun rapport avec les deux touristes qui n'ont pas été agressés» affirme le ministère, précisant que M. Hammami «n'est pas un guide touristique».
Le communiqué ajoute que le poste de police de la ville, après concertation avec le ministère public, «a ouvert un procès verbal judiciaire à cet effet et a décidé la poursuite de l'enquête».